#NDDL ou la posture politicienne inlassable

Encore une belle pirouette politique !

Forcément, telle qu’elle est pratiquée, telle qu’on la connait, la politique n’est pas ragoutante et la gestion du dossier la Zone d’Aménagement Différé (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes nous le confirme.

Nul besoin de passer en revue les quelques 50 années de procédures administratives et juridiques, les décisions de justice, les avis rendus, les acteurs publics et privés engagés, l’argent des contribuables dépensé pour les études, les habitants maintes fois consultés, les résidents expropriés, les Français abusés. Quid des sommes restant dûes et pénalités à venir pour ce désengagement ? 350M€ ? 500M€ ? Plus encore ? Dans 5 ou 10 ans, le futur chef de l’État redonnera-t-il vie au projet NDDL? Cela n’est pas sans rappeler le coût exorbitant pour l’État suite à sa décision d’abandon des portiques de l’écotaxe.

NDDL aurait pu avoir de la gueule ! Tout de même, on est capable de recréer des espaces de vie, de biodiversité, considérant le nécessaire développement durable. Les débats hautement médiatisés auraient dû montrer aux Français comment harmoniser ce territoire et comment l’inclure dans les perspectives économiques et sociales, durables, dans le cadre de la France et de l’Europe. L’on aurait pu, par exemple, enseigné à nos écoliers l’intérêt de faire d’une région française un atout d’émancipation individuel et collectif.

Non, au lieu de cela, l’on nous a servi des joutes stériles, largement relayées tels des leviers émotionnels qu’on actionna de temps à autres pendant des décennies. Une fois de plus, l’on nous a permis de nous égosiller via nos claviers, nous laissant penser que nous étions force de proposition et parfois acteurs. Le résultat est là : NDDL ne verra pas le jour. Pas de suite, en tous cas.

Pour ou contre ? Finalement, ce n’est pas important puisque 2017 a vu se tenir une consultation lors de laquelle nos concitoyens des territoires concernés ont dû se prononcer sur le projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes. La France entière était tenue en haleine, quotidiennement. Il y eu aussi l’engagement du candidat Macron à respecter le résultat de cette consultation, lors de la campagne de la Présidentielle. En outre, il apparaît que les collectivités territoriales, dirigées par des responsables à priori légitimes pour faire des choix et prendre des décisions, se sont prononcées favorablement pour la construction d’un tel aéroport. Dès lors, il est difficile d’accorder du crédit à un gouvernement qui refuse de mener à son terme un projet d’ampleur pour lequel il a demandé officiellement à des citoyens de voter démocratiquement « pour ou contre NDDL ».

On a encore assisté à une génuflexion de l’État français. Que va-t-il advenir de la gestion des autres projets en cours et de ceux qui viendront ? Qu’adviendra-t-il de la prochaine convocation des Français devant les urnes, à constater qu’un référendum ne sert à rien d’autre qu’à alimenter une nouvelle séquence médiatico-politico-politique ?

Or, il apparait que des projets ambitieux avaient été étudiés pour la promotion et le développement de la région Pays-de-la-Loire, autour de la construction du futur aéroport. L’on aurait pu permettre un évitement de la concentration des acteurs du transport, du commerce et du service dans les métropoles de Nantes ou Rennes, permettre la fluidification des voies de circulation, inciter une meilleure répartition du travail et donc du logement sur le territoire. Toutefois, l’on peut considérer que le Grand Ouest n’a pas attendu l’avènement de NDDL pour prospérer.

Quid du plan B ? Les terres à l’endroit où doit s’étendre l’aéroport de Nantes-Atlantique ne sont-elles pas classées Natura 2000 ? La commune de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu ne va-t-elle pas disparaître ? À considérer que certains responsables d’études de faisabilité étaient contre l’aéroport de NDDL, on peut se questionner sur la crédibilité des résultats qui ont conduit le Président de la République, via son Premier Ministre, à statuer.

Certes, l’on peut s’enorgueillir qu’enfin un gouvernement ait tranché l’affaire NDDL mais la confiance est un peu plus entamée. Le stratège Macron peut continuer son œuvre politicienne. Il va pouvoir « acheter » des élus supplémentaires, les pro NDDL, déçus, par l’octroi de compensations. Il ne serait pas étonnant de voir François de Rugy, actuel président de l’Assemblée Nationale, être en bonne position pour remporter la mairie de Nantes en 2020. Quant à l’aura du premier personnage de l’État, 8 Français sur 10 se déclarent satisfaits de sa gestion de la crise en Pays-de-la-Loire, alors…

Alors, finis les grands projets sous l’ère Macron ? Les hors-la-loi et ceux qui font le choix de demeurer hors de notre système de société ont de beaux jours devant eux.

PS : pensée aux parlementaires LREM des Pays-de-la-Loire qui ont fait campagne, malgré eux, sur des mensonges et aux électeurs qui leur ont fait confiance.

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