La popularité ne donne pas tous les droits

J’ai récemment été la cible d’une professeure d’un collège de Toulouse, sur un réseau social. Méchanceté, méprise ou encore inconsidération.

Je ne la connais pas. Avant cette séquence, nous n’avons jamais échangé, ni vocalement, ni même par écrit.

Je ne suis pas rancunier ; je n’ai d’ailleurs pas été touché par ses insultes.

Je tiens toutefois à partager ma pensée concernant l’attitude de cette personne car je la considère comme nocive.

J’invite d’ores-et-déjà celles et ceux qui voudront défendre cette femme impolie et insultante à balayer devant leur porte, avant de le faire.

Le 15 février, je me suis installé devant mon poste de télévision. Le ministre Blanquer était l’invité de L’Émission Politique sur France2. Une professeure d’histoire-géographie de l’académie de Toulouse, référente Laïcité pour son collège, était présente sur le plateau pour interviewer le ministre de l’Éducation Nationale. Cette dame est, par ailleurs, co fondatrice et figure de proue de l’association Vivre La République aux côtés de C. Pina et militante du Mouvement Républicain et Citoyen d’un certain J-P. Chevènement.

Lorsque vient son tour de s’adresser à M. Blanquer, je me dis qu’elle va le questionner sur la mission flash à propos des relations école-parents qu’avaient communiqué les députées A. Bergé et B. Descamps, le 31 janvier dernier. J’avais considéré ce rapport comme piètre et à charge contre les enseignants de l’Éducation Nationale, pourtant bien accueilli par ledit ministre. Mme Boudjahlat l’avait, elle-même, qualifié publiquement de « banal et tristement idéologique ».

Il n’en fut rien. L’enseignante, nullement intéressée par la considération que son ministre de tutelle lui accordait à elle et à ses pairs, lui fit un formidable accueil. Toutefois, il est bon d’entendre quelqu’un féliciter publiquement un ministre en exercice. C’est suffisamment rare pour le souligner.

L’interpellation sur l’enquête très flash et très circonscrite au 78, ne vint donc pas. La première question de cette dame, séquence de 2 minutes qui m’interpela et me fit réagir par un tweet, fut dédiée à des constats d’absence de fillettes pendant des séances de piscine organisées pendant les heures d’éducation physique et sportive. En effet, il semble qu’à Toulouse des parents et des médecins dispensent des écolières de séances de sport pour des motifs saugrenus. La professeure nous parle de combinaison anti allergie ne couvrant pas les pieds, par exemple. Soit. Nous sommes tous interloqués et je me questionne sur les moqueries que peuvent essuyer ces fillettes concernées. Nous sommes bien d’accord que les parents jouent un rôle primordial dans l’éducation de leurs enfants et ne doivent en aucun cas (qui n’est en tout état de cause pas majeur), les soustraire à l’environnement scolaire, ni d’aucune des disciplines enseignées pour quelque motif que ce soit. Voir et dire ce que l’on voit a du sens et chacun d’entre nous de saluer celles et ceux qui prennent cette responsabilité, quelques fois ce risque, de décrire ce qu’est leur quotidien professionnel. Par-dessus tout, l’École est le lieu de rencontre de nos jeunes générations ; ses missions assurent à chaque élève de s’y sentir accueilli et lui permettre un égal accès à l’instruction et à la connaissance par la culture, la géographie ou encore l’histoire…

C’est alors que la séquence de Fatiha Boudjahlat démarre à 1h05’00’’. Il se passent 7 minutes pendant lesquelles le mot Laïcité est cité maintes fois sans que ni le ministre ni Mme Boudjahlat n’évoque une situation sensée mettre en exergue cette nécessaire Laïcité. Mais au fait, c’est quoi, la Laïcité ? C’est la chance (pas tant que cela puisque ce sont des siècles de lutte contre le clergé qui ont permis son avènement) de ne plus être gouvernés par un clergé, quel qu’il soit, synonyme de ségrégation et de contraintes liberticides en tous genres. C’est aussi la chance de vivre dans un pays où l’on peut librement exercer le choix de croire ou ne pas croire, de blasphémer, chez soi, en public. Encore faut-il ne pas naître dans une famille où les lois de la religion prévalent sur celles de la République.

Alors, j’ai twitté. J’avais, à cet instant, mal à ma Laïcité. La référence à un quelconque prosélytisme ne vient que lorsque Mme Boudjahlat employa les mots « islam », « catholiques », « juifs ». Ces termes n’ont été prononcés qu’à 1h12’01’’ ! Enfin, nous y étions. Nommer la religion n’est pas un crime, en France. A quoi bon cette retenue ? Monsieur le Ministre ? Madame Boudjahlat ?

Alors voilà. On jette la Laïcité en pâture, à une heure de grande écoute. On fait des sous-entendus.

Le ministre Blanquer juge les problèmes concrets en lien avec la laïcité, alors qu’on a parlé de « fuite des filles des cours d’éducation physique et sportive ».

Il est dit que « des médecins font des certificats médicaux de complaisance » : quelle est le rapport à la Laïcité ?

La Laïcité ne peut être opposée au néant. Il faut bien comprendre qu’un tel principe républicain, un tel socle de la société française ne peut être utilisé à n’importe quelle sauce. La laïcité est inscrite dans la Constitution française. La Loi de 1905 lui est consacrée. D’autres, en partie. 1,5 millions de téléspectateurs ont regardé L’Émission Politique. La plupart, j’imagine, aura trouvé que la professeure avait un franc parler et proposait un discours plutôt novateur à une heure de grande écoute. Je suis l’un de ceux-là. Pourtant, la 1ère séquence m’a révolté et ai souhaité interpeler le ministre et son interlocutrice. Le meilleur moyen d’y parvenir fut de sauter sur mon compte Twitter et leur ai posé la question suivante : « qu’a à voir la Laïcité avec le fait que des écolières n’aillent pas à la piscine, monsieur Blanquer et Mme Boudjahlat ? ». 7 minutes sur 10 de temps de parole. Sept minutes pendant lesquelles le ministre de l’Éducation Nationale et la professeure d’histoire échangent sur une situation dans laquelle on constate que des écolières ne vont pas à la piscine pour des raisons équivoques. A cela, ils disent que la Laïcité est bafouée. L’on peut s’étonner de tant d’ignorance sur ce qu’est la Laïcité. D’où ma question sur le rapport entre séquence à la piscine et laïcité. C’est de cela dont il s’agit. Point.

Monsieur Blanquer, madame Boudjahlat, vous deviez nommer le mal que vous n’avez pas nommé ! Ce n’est que dans ce cas-là que vous étiez légitimes pour opposer le principe de Laïcité et des lois qui s’y rapportent à la religion, dans le cadre scolaire. Encore faut-il avoir le courage de nommer ce qui est contraire aux lois françaises et non vos attitudes timorées. Sur cette séquence évoquée des séances de piscine durant les heures de sport à l’école, il n’est nullement fait état nommément d’un quelconque prosélytisme religieux.

Ceci étant, mon tweet a basculé sur mon profile Facebook. Une première personne qui avait mal lu ou mal regardé l’émission est venue me dire sa désapprobation. Soit. Le lendemain, Mme Boudjahlat, sans doute alertée par un ami, vint lâcher sur mon fil une déferlante d’insultes, occultant la question que je posais, initialement. D’autres internautes vinrent l’épauler dans sa vindicte, notamment je fus surpris du commentaire méprisant et suffisant de Mme Pina. Cette même Mme Pina, qui d’accoutumée vire de son mur le moindre internaute venant exprimer un avis contraire au sien, que je n’avais sollicitée d’aucune manière que ce soit. Toutefois, cette dernière, moins aveuglée que sa comparse, n’insista pas dans le mode « insultes » et ne réapparut pas sur mon mur. Et de convenir qu’il est compliqué de ve tenter d’écarter le propriétaire de son propre mur. En revanche, Mme Boudjahlat, elle, s’est laissée emportée par sa haine de ma personne ou de ce que je représente. En effet, elle revint plusieurs fois poster des commentaires incendiaires sur mon mur Facebook, me considérant d’indigne, de stupide, pas prompt à la questionner quant à son tout récent passage télévisé, me traitant de gourou, j’en passe et le parti politique que je dirige, de secte…

L’on s’étonnera que nos enfants « parlent mal »…

Alors,

Comment une citoyenne peut-elle tenir de tels propos ?

Comment une professeure des écoles peut-elle tenir de tels propos ?

Comment une responsable associative peut-elle tenir de tels propos ?

Comment une femme politique peut-elle tenir de tels propos ?

D’aucun conviendra que cette séquence est pour le moins saugrenue.

Je n’ai pas dénoncé les écrits de cette dame à Facebook, d’autres ont dû s’en charger puisque paraît-il, elle a été exclue quelques semaines du réseau social.

Et puis,

Merci de ne pas m’insulter par correction pour ceux qui nous lisent.

Merci de ne pas m’insulter par respect pour les militants et sympathisants du parti politique que je dirige.

Merci de ne pas m’insulter par respect des bénévoles de l’association dans laquelle j’évolue.

Merci de ne pas m’insulter devant les collègues de travail qui me lisent.

Merci de ne pas m’insulter devant les camarades syndiqués et des personnels que j’accompagne et défends.

Merci de ne pas écrire vos méchancetés sur mon compte devant mes enfants.

Merci de respecter les enfants auxquels vous enseignez et leurs parents.

Merci de vous conformer, madame la professeure, à ce que la France attend de vous : honneur, déontologie, respect, éthique.

Un conseil, enfin. N’utilisez la Laïcité qu’à bon escient ; elle est fragile et mère de liberté.

Je n’ai fait que poser 1 question. Question simple, concise, se référant à 1 séquence précise et à laquelle je n’ai toujours pas eu de réponse, ni de monsieur le ministre de l’Éducation Nationale, ni de madame la professeure des écoles.

Qu’importe le sujet, pourvu qu’on ait l’insulte.

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